Le Work and Meaning Inventory (WAMI) est un questionnaire bref sur le sens du travail : le sentiment que son activité compte, a une direction, et contribue à quelque chose qui dépasse la tâche. En accompagnement, c’est un outil utile pour ouvrir une discussion sur les sources de sens (ou de perte de sens), plus que pour “noter” une personne.
L’instrument en bref
Repère | Donnée |
Nom | Work and Meaning Inventory (WAMI)[1] |
Auteurs | Steger, Dik & Duffy (2012)[1] |
Construct | Sens du travail / meaningful work (3 facettes dans la version courte) |
Structure | 10 items, 3 dimensions (forme la plus courante ; version plus longue possible selon usages)[1] |
Échelle | Type Likert (7 points dans la forme originale) ; une cotation repose sur des sommes/moyennes par dimension.[2] |
Score | Scores par dimension et score total (addition/moyenne selon implémentation), sans seuil clinique. |
Durée | ~ 3 minutes |
Statut d’usage | Repérage et discussion ; pas de seuil ni de diagnostic. |
Passez le questionnaire publié sur Psytests.work
Le questionnaire et sa page de résultats sont ici : https://psytests.work/tests/wami-sens-au-travail[3]
Origines et modèle théorique
Dans l’article fondateur, le WAMI a été construit pour mesurer le meaningful work comme une expérience subjectivement accessible : comprendre en quoi son travail a du sens, se sentir orienté vers une finalité, et percevoir une contribution au-delà de soi.[1]
Dans la pratique, “le sens” est souvent confondu avec :
- la satisfaction (être content) ;
- l’engagement (être énergisé) ;
- la motivation (avoir envie) ;
- les valeurs (ce qui compte).
Le WAMI aide à clarifier ce registre : il ne dit pas si le travail est agréable ; il dit si la personne peut y trouver une signification.
Ce que l’instrument mesure
Le WAMI mesure un niveau de sens du travail, décomposable en trois dimensions (dans la version utilisée sur Psytests.work) :
- Sens positif (ressentir que son travail a de la valeur) ;
- Construction du sens (comprendre, interpréter, donner une direction) ;
- Contribution au bien commun (sentir que cela sert à quelque chose qui dépasse l’intérêt individuel).
Ces dimensions se lisent en complémentarité : un score bas sur “bien commun” n’est pas “mauvais” ; il peut correspondre à un métier où la contribution est moins visible, ou à une période.
Qualités psychométriques (repères utilisables)
En accompagnement, l’enjeu principal est d’éviter les fausses certitudes :
- Le WAMI n’est pas un instrument clinique : il n’a pas vocation à poser un diagnostic.
- Les seuils “interprétatifs” ne sont pas publiés comme tels pour toutes les traductions ; la validité dépend de la version exacte.
Dans le dispositif Psytests.work, la validation technique est documentée (scoring et exports), mais il n’existe pas de seuils applicables à la traduction actuellement publiée.[4]
Scores, repères et précautions d’interprétation
Comment le score est calculé (Psytests.work)
L’implémentation Psytests.work :
- calcule des scores par dimension et un score total ;
- n’affiche aucun seuil ni “niveau” ;
- propose des questions de réflexion quel que soit le score.[3]
Le rapport de validation interne confirme l’absence de seuil applicable à la traduction actuellement publiée.[5]
Comment lire un score en accompagnement
- Lire en hypothèse : le score dit “comment la personne se décrit aujourd’hui”, pas “ce qu’est réellement son travail”.
- Revenir aux situations : où le sens est-il présent ? où disparaît-il ? qu’est-ce qui le soutient (utilité, autonomie, collectif, apprentissage, reconnaissance, cohérence de valeurs) ?
- Travailler la visibilité de la contribution : certains métiers ont une contribution réelle mais peu visible ; le sens peut se reconstruire par le récit et par la relecture des effets.
Versions, traductions et conditions d’utilisation
Deux points de vigilance, explicitement documentés dans les éléments internes :
- la traduction française publiée sur Psytests.work est une traduction interne et n’est pas validée psychométriquement à ce stade ;
- une autorisation de Michael F. Steger est requise pour certains usages (notamment commerciaux ou générateurs de revenus), selon le cadre d’utilisation retenu.[4]
En pratique, cela signifie : la fiche doit rester prudente sur les repères et éviter toute affirmation de “validation” sans préciser la version et les données.
Ce que l’instrument ne mesure pas
- Il ne mesure pas les causes : organisation, management, conflits de valeurs, justice, charge.
- Il ne mesure pas la performance.
- Il ne mesure pas à lui seul la santé mentale : perte de sens et souffrance peuvent coexister, mais ce n’est pas une équivalence.
Contextes indiqués et moins indiqués
Indiqué
- Bilans et accompagnements où la question centrale est : “qu’est-ce qui me fait tenir / m’éteint ?”
- Transitions : repérer ce qui doit être conservé (valeurs, contribution, apprentissage) dans un prochain poste.
- Conflits de valeurs : objectiver une perte de sens et en parler.
Moins indiqué
- Situations à enjeu évaluatif (sélection, décision RH).
- Usage isolé sans reprise : un score bas sans discussion peut être vécu comme un verdict.
Comment restituer les résultats (formulations praticiennes)
Poser le cadre. « Ce questionnaire ne mesure pas un diagnostic. Il décrit votre sentiment de sens au travail aujourd’hui, et sert surtout à ouvrir des pistes. »
Score bas. « Votre score est bas : ce n’est pas “un problème chez vous”, c’est un signal. On peut regarder où le sens s’est érodé : utilité, reconnaissance, autonomie, cohérence avec vos valeurs, possibilité d’apprendre, qualité du collectif… »
Score élevé. « Un score élevé est souvent protecteur, mais on vérifie aussi le coût : est-ce que vous vous surinvestissez parce que cela a du sens, ou est-ce que c’est soutenable ? »
Travailler la reconstruction. « On peut chercher une action concrète qui redonne du sens : rendre la contribution visible, ajuster le périmètre, retrouver une marge d’autonomie, reconnecter à un bénéficiaire, etc. »
Avec quels autres outils le combiner
- Un outil d’engagement (UWES‑9) : sens et engagement se renforcent souvent, mais ne se confondent pas.
- Un outil sur la souffrance au travail si l’hypothèse est une usure (burn-out, surcharge).
- Un outil sur les valeurs ou les conflits de valeurs, si la question est “je réussis mais je ne me reconnais plus”.
FAQ
Le WAMI dit-il si mon métier “a du sens” ?
Y a-t-il des seuils “bon / mauvais” ?
Sens du travail = motivation ?
Peut-on l’utiliser en entreprise ?
Un score bas veut-il dire que je dois changer de métier ?
Références
Steger, M. F., Dik, B. J., & Duffy, R. D. (2012). Measuring Meaningful Work: The Work and Meaning Inventory (WAMI). Journal of Career Assessment, 20(3), 322–337.[1]
Work as Meaning Inventory (WAMI) – questionnaire (PDF, reprise de la référence 2012).[2]