Le WHO‑5 (World Health Organization‑Five Well‑Being Index) est une jauge très courte de bien‑être subjectif : 5 affirmations, sur les deux dernières semaines, cotées de 0 à 5, puis converties en score 0–100.[1] En pratique, c’est un bon outil de repérage (screening) et de suivi : il aide à objectiver une évolution et à ouvrir une discussion clinique ou de soutien, sans prétendre poser un diagnostic.
L’instrument en bref
Repère | Donnée |
Nom | WHO‑5 Well‑Being Index (Indice OMS de bien‑être) |
Construct | Bien‑être subjectif (affects positifs, vitalité, intérêt) |
Période | Deux dernières semaines[1] |
Structure | 1 dimension, 5 items[1] |
Format | 6 modalités (0 à 5)[2] |
Score | Somme brute 0–25 × 4 → score 0–100[2] |
Durée | ~ 1–2 minutes (selon contexte) |
Statut d’usage | Outil de dépistage et de suivi ; non diagnostique[1] |
Droits | Édition OMS 2024 sous CC BY‑NC‑SA 3.0 IGO (attribution, non‑commercial, partage à l’identique)[3] |
Passez le questionnaire publié sur Psytests.work
Le questionnaire et sa page de résultats sont ici : https://psytests.work/tests/who-5-indice-de-bien-tre[4]
Origines et modèle théorique
Le WHO‑5 a été conçu comme un index de bien‑être bref, centré sur des indicateurs positifs (humeur, énergie, repos, intérêt pour la vie quotidienne), plutôt que sur des symptômes négatifs. Il est généralement utilisé comme instrument de repérage (notamment en santé mentale) et comme mesure de suivi : on s’intéresse moins à “ce que la personne est” qu’à “où elle en est” et “si cela bouge”.
L’OMS le présente comme un instrument auto‑administré de cinq affirmations portant sur les deux dernières semaines.[1]
Ce que l’instrument mesure
Le score WHO‑5 synthétise une position sur un continuum de bien‑être subjectif récent, à partir de 5 items.
- Ce que cela capture bien : une “température” globale (énergie, humeur, intérêt), utile pour repérer un état très bas, ou documenter un changement (amélioration / dégradation) d’un temps à l’autre.
- Ce que cela capture moins bien : la nature du problème, ses causes, ou la distinction entre une difficulté transitoire (événement, surcharge) et une difficulté plus durable.
Qualités psychométriques (repères utilisables)
Dans une pratique d’accompagnement, l’enjeu n’est pas d’assigner une étiquette, mais de savoir si l’outil est suffisamment robuste pour étayer un échange et un suivi.
- La littérature de synthèse souligne l’usage du WHO‑5 comme instrument de dépistage et de suivi, avec des seuils utilisés en recherche et en pratique.[4]
- Point de vigilance : la formulation exacte et la population importent. Un seuil n’a de sens que dans le cadre pour lequel il a été documenté.
Scores, repères et précautions d’interprétation
Comment le score est calculé
Comment lire un score en accompagnement
Une lecture prudente, utile en entretien :
- Situer le score comme un repère, pas une vérité : “aujourd’hui, dans les deux dernières semaines, vous vous décrivez plutôt dans telle zone”.
- Rechercher le contexte : charge, événements, sommeil, santé, relation au travail, isolement, etc.
- Si le score est bas, ouvrir l’exploration (et, si besoin, l’orientation) plutôt que “conclure”.
Repères affichés dans l’outil Psytests.work
L’implémentation publiée distingue notamment deux zones basses (≤ 28 et ≤ 50) et propose une orientation de prudence.[4] Ces repères sont des seuils de dépistage (screening) : ils visent à ne pas rater des situations à explorer, pas à établir une pathologie.
Versions, traductions et conditions d’utilisation
- L’OMS héberge une version française officielle du document.[5]
- L’édition OMS 2024 est placée sous licence CC BY‑NC‑SA 3.0 IGO.[3]
- Point de vigilance éditorial : si un ajout d’orientation (par ex. un numéro d’urgence) est fait, il doit être présenté comme une adaptation et respecter le ShareAlike.
Ce que l’instrument ne mesure pas
- Il ne mesure pas une dépression, un burn‑out ou un trouble spécifique : il repère une baisse de bien‑être.
- Il ne mesure pas les causes (organisation, relations, surcharge, trajectoire).
- Il ne dit rien, à lui seul, sur les ressources ou les leviers d’amélioration : ce sont des objets d’entretien et d’autres outils.
Contextes indiqués et moins indiqués
Indiqué
- Première exploration d’une plainte diffuse (“je ne vais pas bien”, “je n’ai plus d’énergie”) pour disposer d’un repère simple.
- Suivi à quelques semaines d’intervalle : observer une trajectoire (stabilité / amélioration / dégradation).
- Dialogue clinique ou de soutien : support de verbalisation, pas verdict.
Moins indiqué
- Toute situation où le résultat serait utilisé comme preuve, diagnostic ou décision (administrative, managériale, médico‑légale).
- Une passation isolée sans possibilité de reprise, surtout si le score est bas.
Comment restituer les résultats (formulations praticiennes)
Quelques formulations, volontairement prudentes.
Poser le cadre. « Ce questionnaire ne pose pas de diagnostic. Il sert surtout à situer votre bien‑être sur les deux dernières semaines et à voir si cela évolue. »
Explorer un score bas. « Votre score est dans une zone basse. Je ne vais pas en tirer une conclusion, mais c’est un signal pour regarder ensemble ce qui pèse en ce moment : sommeil, charge, événements, isolement, santé, travail… Qu’est‑ce qui vous parle le plus ? »
Ouvrir le suivi. « On peut le repasser dans trois ou quatre semaines. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas “la note”, c’est de voir si la trajectoire bouge et dans quel sens, en lien avec ce qu’on met en place. »
Éviter l’effet d’étiquette. « Un score bas n’est pas une identité. C’est une photo sur deux semaines, qui peut changer quand le contexte change. »
Avec quels autres outils le combiner
Selon l’hypothèse de travail, le WHO‑5 se combine surtout avec :
- un outil sur la souffrance au travail / épuisement si le contexte est professionnel (par ex. un questionnaire de burn‑out) ;
- une exploration des déterminants (charge, autonomie, soutien, conflits de valeurs, etc.) si la question est organisationnelle ;
- des outils de ressources (soutiens, activités, leviers de rétablissement) si l’objectif est un plan d’action.
FAQ
Le WHO‑5 est-il un test de dépression ?
Quelle période de temps le questionnaire couvre-t-il ?
Comment obtient-on le score sur 100 ?
À quoi servent les seuils affichés ?
Peut-on l’utiliser pour décider d’un arrêt ou d’une aptitude ?
Le questionnaire est-il libre de droits ?
Références
Organisation mondiale de la Santé. (2024). WHO‑5 Well‑Being Index (WHO‑5). https://www.who.int/publications/m/item/WHO-UCN-MSD-MHE-2024.01[1]
Organisation mondiale de la Santé. (s.d.). WHO‑5 (English original) (document PDF).[2]
Organisation mondiale de la Santé. (s.d.). Indice (en cinq points) de bien‑être de l’OMS (version française PDF).[5]
Organisation mondiale de la Santé. (s.d.). Copyright and licensing (politique de publication).[3]